“In Trump We Trust”. Ce sera peut-être un jour la nouvelle devise figurant sur les billets de banque américains, en remplacement du célèbre “In God We Trust”. L’hypothèse n’est pas si farfelue, alors que Donald Trump souhaite que son image apparaisse sur de nouveaux billets de 250 dollars - ce que la loi interdit pour le moment - et qu’il se compare à Jésus dans ses posts sur X ou Truth Social. Tout en attaquant le pape Léon XIV, premier pape américain de l’histoire et aussi premier opposant à Trump sur le terrain de la religion. Léon XIV pose des questions axiologiques que la Maison-Blanche a renoncé à poser sous Donald Trump.
C’est ce décalage sidérant entre un Donald Trump qui a déserté le terrain des valeurs, contrairement à ses prédécesseurs comme Barack Obama ou George W. Bush, et son affirmation spectaculaire sur le terrain de la religion que j’ai voulu comprendre en interrogeant l’historien américain John Fea.
Avec des ouvrages comme “In God We Trust : Was America Founded as a Christian Nation ?”, qui l’a révélé au grand public, et plus récemment “Believe Me: The Evangelical Road to Donald Trump”, John Fea s’est affirmé comme l’un des plus grands spécialistes des liens entre religion et politique aux Etats-Unis. Lui-même un chrétien évangélique, comme beaucoup de MAGA, il nous explique la dynamique religieuse à l’oeuvre derrière la campagne et le mandat du président américain. Une plongée nécessaire !
Au fond, la question rejoint celle posée récemment par Gilles Gressani, le patron du Grand Continent, dans sa chronique sur France Culture: “Dans Les Confessions, saint Augustin raconte l’histoire d’Alypius, un jeune homme intègre venu à Rome pour étudier la jurisprudence. Alypius sait que dans la capitale de l’empire, les citoyens s’adonnent à des jeux cruels — il se promet de ne jamais assister aux combats de gladiateurs. Traîné au Colisée par des amis, il garde les yeux fermés. Mais quand le sang coule et que la foule hurle, il les ouvre — et ce regard le transforme : l’horreur devient fascination — Alypius change : très vite, il devient un spectateur assidu. Comme l’a dit au Grand Continent l’ancien officier des Marines Phil Klay — dans une grande méditation augustinienne : « pour qu’une nation se voue à la domination brutale, il faut une population qui se délecte des démonstrations de cruauté. La glorification de la mort, les mèmes qui déshumanisent la souffrance d’autrui, les promesses et les actes de violence — tout converge. » Et la question d’Alypius demeure, intime mais aux conséquences politiques immenses. Puisque nous nous abreuvons tous, chaque jour, de cette folie cruelle… comment protéger nos âmes ?”
Comment protéger l’âme américaine ? Réponse avec John Fea !
Très bonne semaine à tous !









