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Pourquoi nous résistons mieux aux fake news qu'on ne le croit

Fake news, mésinformation, complotisme : ce que dit vraiment la science. Un entretien 100% fact-checké avec Sacha Altay, chercheur français, spécialiste de la désinformation à l'Université de Zurich.

L’élection présidentielle de 2027 est-elle menacée par une vague de désinformation ?

J’ai posé la question à Sacha Altay, qui est un chercheur français, titulaire d’un doctorat en sciences cognitives de l’École Normale Supérieure (ENS), ancien chercheur au Reuters Institute for the Study of Journalism à Oxford, et aujourd’hui chercheur sur la désinformation, la confiance et les réseaux sociaux au Digital Democracy Lab de l’université de Zurich.

Sacha Altay a écrit des dizaines d’articles et conduit de nombreuses études sur le sujet de la mésinformation. Un terme qu’il préfère à celui de désinformation, car la désinformation suppose une intention, à laquelle les chercheurs n’ont pas nécessairement accès. Lui s’intéresse à ceux qui reçoivent les messages. C’est-à-dire à vous ou à moi. Et sa réponse est plutôt rassurante : nous sommes plus résistants aux “fake news” que nous le croyons.

“Quand on regarde en moyenne la proportion de fake news consommées sur le total d’informations disponibles, on compte aux États-Unis une proportion de 0,15% et une proportion en France de moins de 1%”, explique-t-il. L’exposition à la mésinformation est, en réalité, concentrée sur une minorité d’utilisateurs. Et son partage est, également, plus limité qu’on ne le pense. Sur X, pendant l’élection américaine de 2020 et d’après une étude publiée par le magazine Science, seuls 0,3% des comptes avaient partagé 80% des fake news. Ces “supersharers” étaient âgés de 58 ans en moyenne. Ils étaient à 60% des femmes, et majoritairement membres du parti Républicain. Peu de bots, en revanche. C’était moins un déluge qu’une extension du militantisme traditionnel.

Comment cela s’explique-t-il ? Par la science. Et par notre capacité, individuelle, à trier les bonnes informations des fausses, à qualifier les bonnes sources plutôt que les mauvaises. Une capacité que nous sous-estimons en général.

Le vrai problème, souligne Sacha Altay, ce sont les élites, pas l’internaute lambda. Selon lui, il vaut mieux porter l’attention sur les élites qui donnent une visibilité tout à fait disproportionnée à certaines fausses informations, plutôt que sur l’utilisateur ordinaire. Et il rappelle, par ailleurs, que les fake news se faisant passer pour de vraies nouvelles sont le plus souvent produites par intérêt financier et non politique. Quoique, parfois, les deux se rejoignent.

Un entretien passionnant à écouter sur le podcast !

Si vous souhaitez lire les travaux de Sacha Altay, deux adresses : https://sachaaltay.github.io/ et https://scholar.google.com/citations?user=-bUuwdUAAAAJ&hl=en

Très bonne semaine à tous !

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